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01.12.1998
Conférence de presse conjointe de Monsieur Jaques Chirac,
President de la Republique; de Monsieur Gerhard Schröder,
chnacellier de la république féderale de l'Allemagne
et de Monsieur Lionel Jospin, Premier Ministre, lors des 72ème
consultation franco-allemandes
[...]
question - Monsieur le Premier ministre, quel sentiment avez-vous
sur ce problème des couples franco-allemands divorcés.
Madame Guigou en a-t-elle parlé avec son homologue
? Quelle solution comptez-vous apporter, avec votre Gouvernement,
dans ce conflit ?
le premier ministre - Madame Guigou en a parlé effectivement
avec Madame Daeubler-Gmelin. Elles doivent d'ailleurs se revoir,
à cet égard, le 14 décembre à
Paris. C'est ce qu'elles nous ont dit en rendant compte de
leurs entretiens bilatéraux.
En réalité, ce problème aussi douloureux
qu'il soit, n'est pas un problème franco-allemand.
Il n'y a pas de problème entre la France et l'Allemagne
à ce propos. Ce sont des problèmes de couples
qui se défont, qui essayent et qui, en l'occurrence,
ne réussissent pas bien régler le problème
du rapport à leurs enfants.
Le fait simplement qu'ils appartiennent à deux pays
différents qui créent l'éloignement,
qu'ils peuvent être couverts par des législations
différentes, qu'ils relèvent de procédure
judiciaire et de tribunaux différents, crée
des difficultés supplémentaires dans des situations
qui, par définition, sont des situations douloureuses
puisqu'elles ont l'incapacité de trouver une solution
harmonieuse à la fin d'un couple.
Alors, nos Gouvernements, et c'est ce que nous ont dit les
deux ministres -je reprends tout à fait leurs conclusions-,
ne peuvent pas, bien sûr, ni commenter des décisions
de justice, ni les influencer directement, même si elles
peuvent avoir nos autorités politiques et nos deux
ministres, leurs visions.
De toute façon, les collaborateurs des deux ministres
vont se retrouver, avant Noël, pour examiner les dossiers
en cours dans un esprit commun. Nous allons proposer à
des parlementaires français et allemands de faire une
sorte de mission de médiation, de rencontrer peut-être
les familles pour parler avec elles, pour leur dire :"
il faut essayer de dépasser ces drames humains",
de façon à ce qu'au moins un contact soit établi,
ou qu'un message soit transmis entre les parents et les enfants
quant il s'agit des parents qui sont séparés
de leurs enfants.
Les deux pays envisagent -et c'est un pas en avant, à
mon sens, à condition bien sûr de le concrétiser-
de s'engager à appliquer par anticipation ce que l'on
appelle la convention de Bruxelles 2 qui a été
signée en mai dernier et le pas en avant de cette convention
dite de Bruxelles 2, c'est qu'elle donnera désormais
la compétence à un seul tribunal, au tribunal
du lieu où vivait le couple avant sa séparation.
On aura plus ce conflit de droit. On aura plus ces deux justices
qui réagissent selon leurs critiques, leurs habitudes
ou leurs formes juridiques.
Il est possible que les deux ministres participent ensemble
à un séminaire sur la famille, par ailleurs,
qui permettrait d'élargir les réflexions, et
comme je l'ai dit, elles en parleront le 14 décembre.
C'est donc un point qui a été traité
avec précision parce qu'il s'agit de problème
juridique et avec humanité et délicatesse. Le
fait que cela a été traité par deux femmes
naturellement y contribuait.
le president - Moi, je voudrais ajouter que j'ai été
choqué par la méthode utilisée par l'un
des protagonistes, qui a consisté à faire un
véritable hold up et à venir enlever en territoire
national français deux enfants dans des conditions
inadmissibles. Nous ne pouvons pas conserver une situation
où de tels faits peuvent intervenir parce que là
c'est la loi de la jungle, en tous les cas, ce n'est plus
l'Etat de droit. Moi, cela m'a profondément choqué
et naturellement je partage tout à fait le sentiment
exprimé sur le fond par le Premier ministre.
[...]
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